Racheter des applications que tout le monde croyait vieillissantes, les brancher sur l’abonnement et cotiser le tout à Wall Street : le programme de Bending Spoons tient en une ligne. L’italien propriétaire d’AOL débarque au Nasdaq avec une valorisation supérieure à 18 milliards de dollars, selon le Wall Street Journal et plusieurs dépêches de marché de ce 1 juillet 2026.
L’opération doit lever environ 1,68 milliard de dollars. Le prix a été fixé à 29 dollars par action, au-dessus de la fourchette marketing de 26 à 28 dollars. Le titre s’échangera sous le symbole BSP.
Points clés
- Bending Spoons entre au Nasdaq sous le symbole BSP avec une valorisation de 18,4 milliards de dollars
- L’IPO lève environ 1,68 milliard de dollars, au prix de 29 dollars par action
- Le groupe italien détient AOL, Eventbrite, Vimeo et WeTransfer, monétisés par abonnement
- 1,31 milliard de dollars de chiffre d’affaires en 2025 et un retour au bénéfice au premier trimestre 2026
Un collectionneur de services numériques
Bending Spoons est basée à Milan et s’est bâtie par acquisitions successives. Le groupe a mis la main sur AOL, mais aussi sur Eventbrite, Vimeo et WeTransfer. La méthode ne varie pas : reprendre des services numériques arrivés à maturité, puis en presser davantage de revenus via l’abonnement. Un chiffonnier du web qui transforme la brocante en rente.
La cotation tombe pendant un premier semestre 2026 particulièrement chargé pour les introductions en Bourse américaines, qui ont levé un montant record sur les six premiers mois de l’année d’après le WSJ.
Reuters valorise Bending Spoons à 18,4 milliards de dollars sur la base des actions en circulation mentionnées dans ses documents de cotation. La société pesait 11 milliards de dollars lors de son dernier tour de table, en 2025.
Des comptes passés dans le vert
Dans son prospectus, la société revendique 1,31 milliard de dollars de chiffre d’affaires en 2025. Sur le premier trimestre 2026, Reuters rapporte un bénéfice net de 27,5 millions de dollars pour 601 millions de dollars de revenus, contre une perte nette de 112,2 millions de dollars et 259 millions de dollars de chiffre d’affaires un an plus tôt. Le retournement est net.
La société dit compter plus de 500 millions d’utilisateurs actifs mensuels et plus de 9 millions de clients payants en mars 2026. L’essentiel des revenus repose sur les abonnements, selon les documents déposés auprès du régulateur américain.
Reste que le modèle interroge : engranger des marques grand public pour les monétiser à coups d’abonnement, c’est rentable tant que les utilisateurs acceptent de payer pour des services qu’ils croyaient gratuits. Wall Street, elle, a déjà signé son chèque à 29 dollars l’action.