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Crypto: Les startups françaises du Web3 en difficulté face à la concurrence de l’IA

Le secteur des cryptomonnaies en France traverse une période délicate. Les chiffres du premier semestre 2024, compilés par Invyo pour Les Echos, révèlent une baisse significative des levées de fonds pour les startups françaises spécialisées dans la blockchain et les cryptoactifs. Seulement 19 jeunes pousses ont réussi à lever des capitaux entre janvier et juillet, contre 29 à la même période l’année précédente, soit une chute de 35%.

Malgré cette baisse du nombre d’opérations, le montant total levé a légèrement progressé, atteignant 178 millions d’euros contre 134 millions en 2023. Cette hausse est principalement due à trois opérations majeures : Zama (67 millions d’euros), Flowdesk (50 millions) et Kiln (17 millions). Ces levées exceptionnelles ont gonflé le ticket moyen à 2,6 millions d’euros, contre 2 millions l’année précédente.

Un marché sous pression a cause de l’IA

Le secteur crypto français subit de plein fouet la concurrence de l’intelligence artificielle, qui capte désormais l’attention – et les fonds – des investisseurs. Cette tendance s’observe également au niveau des ressources matérielles, certains opérateurs de serveurs délaissant le minage de bitcoin au profit de l’entraînement des modèles de langage IA.

Ivan de Lastours, responsable blockchain et crypto chez Bpifrance, tempère : « Nous n’avons pas à rougir de nos levées mais la France est clairement en période de vache maigre ». Il considère toujours le Web3 comme un « secteur en construction », malgré sept années de suivi.

Le marché crypto reste très corrélé au cours du bitcoin, ce qui peut engendrer une volatilité implicite élevée et un momentum baissier significatif dans les périodes difficiles. Actuellement le secteur traverse une phase de « crypto-hiver », causé entres autres turpitudes par un aplatissement de la courbe des taux et une fragmentation de la liquidité 

Perspectives d’avenir entre espoirs et incertitudes

Toutefois, une lueur d’espoir se profile à l’horizon 2027 avec l’introduction du Digital Product Passport (DPP) dans l’Union européenne. Ce passeport numérique obligatoire pour chaque produit commercialisé pourrait représenter une manne pour les acteurs européens de la blockchain.

De plus les perspectives de détente des taux directeurs, liées au reflux de l’inflation, pourraient également redonner du souffle aux fonds de capital-risque. Néanmoins, certains investisseurs commencent à battre en retraite. XAnge a discrètement mis fin à son fonds Web3 Digital Ownership cet été, n’ayant récolté que moins de la moitié des 80 millions d’euros visés en deux ans. L’existant devrait être dilué dans un fonds plus large (XAnge 5) à partir de 2025.

Malgré ces difficultés, Bpifrance maintient son soutien au secteur. En 2023, la banque publique d’investissement a soutenu sept startups cryptos, démontrant sa confiance dans le potentiel à long terme de cette technologie.

Ce qui est certain, c’est que le secteur crypto français traverse une période délicate, pris en étau entre la concurrence de l’IA et la volatilité du marché. Les opportunités futures, notamment liées au DPP et aux cas d’usage émergents, laissent entrevoir une possible renaissance. Reste à savoir si les startups françaises du Web3 sauront tenir le cap jusqu’à ce que le vent tourne en leur faveur.

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