La DDR5 signée CXMT gagne des mégatransferts, mais dès qu’un overclockeur sort son tournevis à tensions, elle montre ses limites. Les premiers essais relayés par Tom’s Hardware placent toujours le fabricant chinois derrière SK hynix sur la régularité et la marge de réglage. Les puces CXMT encaissent moins bien la montée en tension, digèrent mal les réglages manuels agressifs et refusent de resserrer les timings aussi finement que les dies coréens.
Le constat tombe au pire moment pour la communication de CXMT, qui multiplie les signaux de montée en gamme. Début juillet, MSI a validé sur certaines cartes mères AM5 des barrettes DDR5 à base de puces CXMT jusqu’à 8 200 MT/s en dual-DIMM et 7 200 MT/s en quad-DIMM. Sauf que la validation d’usine et la tenue en conditions extrêmes sont deux histoires bien distinctes.
Points clés
- MSI a validé des barrettes DDR5 CXMT jusqu’à 8 200 MT/s en dual-DIMM et 7 200 MT/s en quad-DIMM sur cartes mères AM5
- Les puces CXMT résistent mal à la montée en tension et ne permettent pas de resserrer les timings efficacement
- SK hynix conserve l’avantage sur la stabilité, la constance entre lots et la marge de réglage
- Les tests s’appuient sur des kits grand public KingBank et Lexar, pas sur des modules d’ingénierie triés
Plus rapide sur le papier, moins souple sous la tension
Les retours font état d’une différence nette de comportement entre les dies CXMT et les références SK hynix. Les puces coréennes restent prévisibles quand la tension grimpe et que les timings se resserrent. Les modules CXMT testés, eux, affichent une résistance marquée au voltage scaling : la performance progresse moins linéairement à mesure qu’on augmente la tension.
Le point qui fâche vraiment les amateurs d’overclocking concerne les timings. Impossible de les durcir de façon significative sur ces modules, ce qui plafonne les gains réels au-delà des fréquences nominales déjà atteintes. La DDR5 CXMT avance, mais elle laisse encore moins de marge de réglage fin que les meilleures puces SK hynix.
La validation MSI ne fait pas tout
La fenêtre ouverte par MSI reste un jalon. Le constructeur a publié des BIOS bêta réservés au marché chinois pour ses cartes mères AM5, avec prise en charge des modules CXMT jusqu’à DDR5-8 200 sur deux barrettes et DDR5-7 200 sur quatre. Les tests s’appuient sur des kits grand public de marques comme KingBank et Lexar, pas sur des modules d’ingénierie triés sur le volet.
CXMT n’est donc plus cantonné aux fréquences d’entrée de gamme. Mais la performance mémoire ne se résume pas à un chiffre maximal en MT/s. La stabilité, la constance d’un lot à l’autre et la marge d’ajustement des paramètres restent pour l’instant plus solides chez SK hynix.
Ce que ces tests disent du marché DDR5
Pour les fabricants de barrettes et les intégrateurs, l’équation est à double tranchant. CXMT devient assez crédible pour alimenter des produits DDR5 plus ambitieux, avec validations publiques et fréquences qui montent. En parallèle, plusieurs fabricants de composants avancent sur la validation de mémoire chinoise, mais la hiérarchie technique n’est pas encore renversée sur le haut de gamme.
À court terme, ces puces élargissent l’offre DDR5 disponible en Chine et donnent aux assembleurs une alternative supplémentaire. Pour qui veut pousser sa RAM dans ses derniers retranchements, en revanche, les dies SK hynix gardent l’avantage sur le comportement, la souplesse et la constance. Le rattrapage chinois est réel, mais la ligne d’arrivée du haut de gamme n’est pas encore franchie.