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General Fusion débarque au Nasdaq, mais avec la moitié du carburant financier prévu

La fusion nucléaire promet de reproduire le Soleil ; General Fusion, elle, se contente pour l’instant d’entrer en Bourse. La société de Vancouver a fait ses débuts sur le Nasdaq ce lundi 13 juillet 2026, après avoir bouclé son rapprochement avec la SPAC Spring Valley Acquisition Corp. III. Elle revendique le statut de première entreprise de fusion pure player cotée en Bourse.

L’action a nettement grimpé à l’ouverture. Un enthousiasme un brin paradoxal, puisque l’opération s’est accompagnée de rachats de parts massifs par les investisseurs de la SPAC. Résultat : General Fusion aborde le marché avec environ 150 millions de dollars en caisse, censés financer la suite de son programme Lawson et sa technologie de Magnetized Target Fusion (MTF), ou fusion par cible magnétisée.

Points clés

  • General Fusion est cotée au Nasdaq depuis le 13 juillet 2026 sous les symboles GFUZ et GFUZW
  • Des rachats de parts massifs ont réduit le cash à environ 150 millions de dollars, loin des 338 millions théoriques
  • La société veut financer son programme Lawson jusqu’en 2028 et vise une centrale de démonstration
  • Elle revendique être la première entreprise de fusion pure player cotée en Bourse

Un de-SPAC dégonflé par les redemptions

Le montage repose sur une fusion inversée avec Spring Valley Acquisition Corp. III, une coquille cotée au Nasdaq. Conseil et actionnaires avaient validé l’opération début juillet, et la société avait annoncé le 10 juillet que ses titres se négocieraient sous les symboles GFUZ pour l’action et GFUZW pour les warrants.

Sur le papier, le dossier prévoyait jusqu’à 230 millions de dollars issus de la trésorerie de la SPAC et 108 millions levés via un placement privé, pour une valorisation pro forma proche du milliard de dollars. Sauf que les rachats d’unités par les actionnaires ont sérieusement rogné le cash effectivement conservé. Le Globe and Mail note que le montant exact restitué aux porteurs n’était pas détaillé publiquement, tout en estimant les fonds transmis bien inférieurs au maximum annoncé.

150 millions pour tenir jusqu’en 2028

Dans son communiqué de clôture, General Fusion dit disposer d’environ 150 millions de dollars de liquidités, produit net du placement privé et trésorerie de la SPAC compris. L’enveloppe doit financer les prochaines étapes du programme Lawson jusqu’en 2028.

La société planche depuis des années sur une approche mariant compression mécanique du plasma et champs magnétiques. Elle met en avant son installation de démonstration Lawson Machine 26, à Vancouver, où elle affirme avoir chauffé du plasma à environ 8,4 millions de degrés Celsius. De quoi flirter avec les températures internes du Soleil, sur le papier du moins.

Un secteur privé qui goûte à la cote

General Fusion se pose en première société de fusion purement commerciale accessible au grand public. L’entrée en Bourse couronne une séquence 2026 chargée : accord annoncé en janvier, feu vert réglementaire en juin, vote des actionnaires le 6 juillet. Comme le résume GeekWire, un domaine longtemps cantonné au capital-risque et aux financements industriels accède enfin au marché coté.

L’ambition industrielle reste intacte : plusieurs jalons techniques d’ici 2028, puis une centrale de démonstration à plus long terme. La société évoque aussi des coopérations hors d’Amérique du Nord, notamment en Italie. La vraie inconnue de ce premier jour tient en une ligne comptable : avec la moitié du carburant financier espéré, General Fusion devra prouver qu’on peut viser une étoile avec un réservoir à moitié vide.

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