Le géant des semi-conducteurs Nvidia fait face à un contretemps inattendu. Sa très attendue puce d’intelligence artificielle « Blackwell » B-200 verra sa sortie repoussée d’au moins trois mois. Ce retard, dû à un défaut de conception, sème le doute dans une industrie AI en pleine effervescence.
Charles Liang, PDG de Super Micro Computer, a confirmé a nos confrere de hothardware.com avoir eu vent de ce retard lors d’un appel aux investisseurs.
« Quand ils introduisent une nouvelle technologie, un nouveau produit, il y a toujours une chance que ça soit repoussé un peu »
A-t-il déclaré, tentant visiblement de minimiser l’impact de cette nouvelle.
Le problème semble provenir de la technologie de pointe utilisée pour ces puces. Les B-100 et B-200 emploient un packaging TSMC CoWoS-L avec Super Carrier Interposer, une innovation qui repousse les limites de la miniaturisation. Visiblement, Nvidia a sous-estimé les défis liés à cette nouvelle approche.
Des conséquences en cascade sur l’industrie
Ce contretemps pourrait avoir des répercussions bien au-delà de Nvidia. Avec une capitalisation boursière de 2,6 milliards de dollars, l’entreprise domine totalement le marché des puces AI. Ses revenus pour 2025 dépendent en grande partie de sa capacité à produire suffisamment de puces pour répondre à une demande explosive. Et ce n’est pas qu’une question de chiffres pour Nvidia : c’est tout le secteur de l’IA qui retient son souffle.
Les géants de la tech comme Amazon, Google, Meta et Microsoft comptent sur ces nouvelles puces pour alimenter leurs projets d’IA les plus ambitieux. Un retard dans la livraison pourrait freiner le développement de nombreuses innovations.
Pire encore, certains investisseurs commencent à s’inquiéter d’une possible bulle spéculative autour de Nvidia et de l’IA en général. Le fonds spéculatif Elliott Management a récemment mis en garde contre le fait que Nvidia serait entré en « territoire de bulle ». Ils remettent en question la viabilité économique de certains cas d’usage de l’IA générative, les jugeant trop énergivores ou peu fiables.
Les acteurs de la finance restent pessimistent sur la soutenabilité de l’industrie
De son côté, la société de capital-risque Sequoia Capital estime que les entreprises d’IA devront générer environ 600 milliards de dollars de revenus rien que pour compenser leurs dépenses en GPU Nvidia. Un chiffre qui donne le vertige et soulève des questions sur la pérennité du modèle économique actuel de l’IA.
En attendant l’arrivée des puces Blackwell, Nvidia propose ses GPU H200 avec refroidissement liquide comme solution de repli. Mais difficile de dire si cela suffira à calmer l’appétit insatiable du marché pour toujours plus de puissance de calcul.
Ce retard pourrait aussi avoir des conséquences inattendues pour les joueurs. La prochaine génération de cartes graphiques GeForce RTX 50, basée sur l’architecture Blackwell, pourrait elle aussi être repoussée. Les amateurs de jeux vidéo devront peut-être patienter un peu plus longtemps avant de mettre la main sur ces nouveaux GPU promettant des performances exceptionnelles.
Finalement, ce contretemps chez Nvidia nous rappelle que même les géants de la tech ne sont pas à l’abri des aléas du développement technologique. Dans la course effrénée à l’IA, un simple grain de sable peut rapidement se transformer en tempête pour toute une industrie. Reste à voir si Nvidia saura surmonter cet obstacle et conserver sa position dominante sur un marché plus compétitif que jamais.