Le petit lanceur néo-zélandais a décidé de jouer dans la cour des grands. Rocket Lab a annoncé ce 29 juin 2026 un accord pour avaler Iridium Communications, spécialiste des communications satellitaires, dans une transaction cash et actions valorisée autour de 8 milliards de dollars. De quoi offrir au groupe un accès direct à un réseau orbital opérationnel, à son spectre radio et à un carnet d’abonnés déjà constitué, plutôt que de tout bâtir de zéro.
Points clés
- Rocket Lab acquiert Iridium pour environ 8 milliards de dollars, à 54 dollars par action dont 27 en cash
- Un crédit relais de 3,6 milliards de dollars de Deutsche Bank et Wells Fargo finance la part cash
- L’opération offre un réseau orbital, du spectre et plus de 2,5 millions d’abonnés
- Clôture attendue mi-2027, sous réserve des actionnaires d’Iridium et des régulateurs
54 dollars par action, dont une moitié à crédit
Les actionnaires d’Iridium toucheront 27 dollars en espèces et des actions Rocket Lab, pour une valeur totale de 54 dollars par action. Pour financer la part cash, Rocket Lab s’est arrangé une ligne de crédit relais senior garantie de 3,6 milliards de dollars sur 364 jours, fournie par Deutsche Bank et Wells Fargo. L’intégration verticale, ça se paie aussi à découvert.
L’accord, approuvé à l’unanimité par les deux conseils d’administration, attend encore le feu vert des actionnaires d’Iridium et des régulateurs. La clôture est espérée à la mi-2027, avec un mécanisme de valorisation encadré par une fourchette de prix sur le titre Rocket Lab. C’est, de loin, le plus gros rachat à ce jour pour le groupe coté au Nasdaq sous le ticker RKLB. Iridium, lui, s’échange sous IRDM et exploite une constellation en orbite basse vendant voix, données et services de positionnement, navigation et synchronisation.
Un réseau, un spectre et 2,5 millions d’abonnés clés en main
Le communiqué de Rocket Lab met en avant trois atouts d’Iridium : un réseau satellite déjà en service, des licences de spectre et une clientèle installée dans la défense, le gouvernement, l’aviation, le maritime et le commerce. Le groupe revendique plus de 2,5 millions d’abonnés et décrit l’opération comme un raccourci pour entrer plus vite dans l’IoT satellitaire, les communications directes vers les terminaux et les services de localisation.
Dans une vidéo publiée sur X, Peter Beck, fondateur et directeur général de Rocket Lab, a vanté ce « raccourci » pour accélérer.
« Nous pensons que ce sera l’un des accords les plus transformateurs de l’industrie spatiale. » Peter Beck, fondateur et directeur général de Rocket Lab
L’opération place Rocket Lab plus frontalement face à SpaceX et à Amazon, dans un marché tenu par les grandes constellations de télécoms et les réseaux intégrés. Le groupe avait multiplié les acquisitions plus modestes ces derniers mois pour étoffer ses briques industrielles. Là, il change carrément de catégorie.
Du lanceur à l’opérateur télécom orbital
Rocket Lab veut désormais concevoir, fabriquer, lancer et exploiter ses propres constellations. La chaîne complète, donc, qui lui permettrait de garder en interne une partie des marges liées au déploiement orbital au lieu de les laisser filer chez ses clients.
- Valorisation d’Iridium : environ 8 milliards de dollars
- Prix implicite : 54 dollars par action Iridium
- Part cash : 27 dollars par action
- Financement relais : 3,6 milliards de dollars
- Clôture attendue : mi-2027
Pour Iridium, c’est une sortie partielle en cash et une exposition au titre Rocket Lab. Pour Rocket Lab, c’est le saut vers un métier plus large, avec une clientèle récurrente et une infrastructure prête à l’emploi. Restent les étapes réglementaires et le risque bien connu d’un calendrier de fusion qui s’étire sur plusieurs trimestres.