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Uber refuse la super-app : mobilité, robotaxis et données comme boussole

Non, Uber ne veut pas devenir le couteau suisse qui fait tout et rien. Dans un entretien à TechCrunch, Sachin Kansal, directeur produit du groupe, trace une stratégie resserrée : muscler les services adossés au cœur historique (la mobilité et la livraison), tout en avançant sur les robotaxis, les services financiers et une activité inédite de collecte de données pour véhicules autonomes.

L’échange tombe alors qu’Uber empile les partenariats dans l’autonomie, entre Waymo, Lucid, Nuro et consorts. Sauf que la relation avec Waymo se tend, avec la fin du déploiement à Phoenix et des frictions publiques sur la régulation dans plusieurs villes américaines.

Points clés

  • Uber revendique plus de 30 partenaires autonomes et vise plusieurs dizaines de villes pour ses robotaxis
  • Fin du partenariat avec Waymo à Phoenix fin juin 2026, après des centaines de milliers de trajets
  • AV Labs monétise la donnée de conduite via une flotte de 500 Hyundai Ioniq 5 modifiées
  • Services financiers et IA en renfort, mais toujours adossés à la mobilité et à la livraison

Robotaxis : un carnet de partenaires bien rempli et un divorce à Phoenix

Uber revendique plus de 30 partenaires autonomes dans le monde. Il continue de s’appuyer sur Waymo sur certains marchés tout en s’en éloignant ailleurs. Phoenix est le cas d’école : les deux groupes ont mis fin à leur partenariat dans la ville fin juin 2026, après plusieurs centaines de milliers de trajets réservés via l’application Uber, selon Waymo.

Cette recomposition accompagne une expansion accélérée. En juin 2026, Uber a annoncé un service premium de robotaxi à Houston pour 2027 avec Lucid et Nuro, après un déploiement attendu dans la baie de San Francisco, et vise plusieurs dizaines de villes à terme. Kansal défend une logique de plateforme plutôt qu’un modèle intégré à la Tesla : Uber veut brancher l’offre autonome sur son réseau, sans fabriquer les véhicules ni posséder toute la chaîne technologique.

La bataille se joue aussi dans les couloirs législatifs. À Washington, Uber s’oppose à un projet de loi sur les véhicules autonomes, jugé taillé pour avantager Waymo et marginaliser les chauffeurs humains. La riposte de la société : une plateforme où robotaxis et conducteurs cohabitent sur un même bouton de réservation.

AV Labs, données et finance : élargir les revenus sans bouger le centre de gravité

Uber lance aussi AV Labs, une activité de collecte et de partage de données de conduite pour les développeurs d’autonomie. L’idée n’est pas de ressusciter un programme de voitures maison (on connaît la fin de l’histoire), mais de monétiser l’échelle de l’application et son maillage urbain en vendant des données de route à des partenaires.

Côté matériel, l’entreprise prévoit une flotte de 500 véhicules de collecte, des Hyundai Ioniq 5 modifiées, pour capter des données de conduite réelles à grande échelle. But affiché : alimenter des systèmes d’aide à la conduite et, à terme, des stacks autonomes. Aucune ambition de véhicule sans conducteur ici : le produit, c’est la donnée.

Le groupe lorgne également les services financiers. Kansal explique à TechCrunch qu’Uber explore des offres cohérentes avec ses usages principaux, comme les paiements et les outils liés aux revenus des chauffeurs. Objectif : ouvrir des lignes de revenus adjacentes là où l’application entretient déjà une relation avec l’utilisateur.

L’intelligence artificielle, enfin, s’invite dans le produit de façon visible pour passagers et chauffeurs, cantonnée à des fonctions d’assistance et d’optimisation plutôt qu’à une promesse fumeuse. Le fil rouge de Kansal ne bouge pas : élargir le périmètre, oui, mais toujours à partir des deux piliers que sont la mobilité et la livraison.

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