« Parents, savez-vous où sont vos ados ? Waymo, lui, le sait. » C’est par ce message posté sur Facebook que la police de San Mateo, en Californie, a remercié le robotaxi de Google pour son civisme. Traduction : la voiture autonome a servi de mouchard contre des adolescents soupçonnés d’avoir bu et brandi un pistolet factice à son bord.
Points clés
- La police de San Mateo a obtenu des images d’un robotaxi Waymo pour identifier des adolescents
- Les véhicules Waymo filment l’habitacle et l’extérieur en continu, et coopèrent avec les autorités sur réquisition
- Les robotaxis constituent un réseau de surveillance mobile qui inquiète les défenseurs de la vie privée
Le taxi qui voit tout, entend tout, enregistre tout
L’affaire est presque banale dans sa mécanique. Des ados montent dans un Waymo, s’amusent avec ce qui ressemble à une arme (un jouet, en l’occurrence) et sirotent probablement autre chose que du jus d’orange. Sauf qu’un robotaxi n’est pas un simple véhicule : c’est un concentré de caméras, de micros et de capteurs qui filment aussi bien l’extérieur que l’habitacle. Les images et les données ont fini entre les mains des forces de l’ordre.
La police de San Mateo n’a pas boudé son plaisir en le clamant publiquement. Le ton badin du message masque mal ce qu’il révèle : votre trajet en voiture sans chauffeur est aussi un trajet sous surveillance permanente.
La vidéosurveillance sur roues
Waymo a toujours assumé filmer l’intérieur de ses véhicules, officiellement pour la sécurité des passagers et la lutte contre le vandalisme. L’entreprise coopère avec les autorités lorsqu’elles présentent une réquisition légale. Sur le papier, rien d’illégal. Dans la pratique, cela signifie qu’une flotte de robotaxis constitue un réseau de caméras mobiles qui sillonnent les villes et enregistrent en continu.
Les défenseurs de la vie privée tirent la sonnette d’alarme depuis un moment : ces véhicules deviennent des témoins numériques permanents, capables d’alimenter la police en images bien au-delà du seul incident dans l’habitacle. Un Waymo qui roule, c’est aussi une caméra qui filme les rues qu’il traverse.
Le prix du confort autonome
L’anecdote fait sourire, mais elle pose une vraie question. À mesure que les robotaxis se multiplient, ils constituent une infrastructure de surveillance dont personne n’a vraiment voté l’installation. Monter dans un Waymo, c’est accepter d’être filmé de bout en bout, avec la possibilité que ces images atterrissent chez les autorités.
Les ados de San Mateo l’ont appris à leurs dépens. La prochaine fois qu’on hésite entre un taxi classique et un robotaxi, il faudra peut-être ajouter une variable à l’équation : le chauffeur humain, lui, ne poste pas vos frasques sur Facebook.