Trois ans de caméras à lire les plaques, et une police qui claque la porte au nom de la vie privée. Le LAPD, la police de Los Angeles, a laissé expirer son contrat avec Flock Safety, poids lourd américain de la vidéosurveillance publique, en invoquant de « sérieuses inquiétudes » sur les libertés civiles et les données collectées.
Le contrat est arrivé à échéance le 11 juillet 2026. La police municipale veut désormais border la propriété des données, leur durée de conservation et leur partage avant d’envisager un nouveau texte. Flock, elle, assure vouloir continuer à discuter.
Points clés
- Le LAPD a laissé expirer le 11 juillet 2026 son contrat de trois ans avec Flock Safety
- Motif invoqué : sérieuses inquiétudes sur les libertés civiles, la vie privée et le partage des données
- Un audit interne recommandait de suspendre déploiements et contrats sans règles contraignantes
- Flock se dit prête à poursuivre les discussions pour un nouvel accord
Un contrat de trois ans arrivé au bout
Le LAPD avait signé avec Flock Safety en juillet 2023. À l’expiration, il a choisi de ne pas reconduire en l’état son partenariat avec la société, qui exploite des caméras de lecture automatisée de plaques minéralogiques. Ces boîtiers, souvent perchés sur des poteaux, pistent les véhicules dans l’espace public.
Dean Gialamas, directeur informatique du LAPD, a justifié la décision auprès d’ABC7 : le contrat n’est « pas renouvelé en raison de sérieuses inquiétudes concernant les libertés civiles et les droits civiques, en particulier la vie privée et les données collectées par ces caméras ». Il ajoute que le département suspend l’usage du service tant que ces questions de données, de vie privée, de sécurité et de partage ne sont pas clarifiées dans un cadre contractuel.
Selon le Los Angeles Times, la police voulait des garanties nettes sur trois points : qui possède les données, ce qu’il advient des plaques collectées, et dans quelles conditions elles peuvent être partagées avec d’autres agences.
Les données, le partage et l’ombre d’un usage élargi
Les caméras de Flock équipent depuis plusieurs années des services de police et des collectivités aux États-Unis. À Los Angeles, le LAPD assure que ces outils ne servent pas à des fins d’immigration et que leur consultation reste réservée à des usages policiers, par des utilisateurs enregistrés et formés.
Un audit de l’inspection générale du LAPD avait recommandé de suspendre les nouveaux déploiements et les nouveaux contrats tant que des règles contraignantes sur la confidentialité, l’accès et l’audit ne sont pas en place. Traduction : la promesse « c’est pour votre sécurité » ne suffit plus sans clauses écrites.
Flock, de son côté, défend son modèle. La société se dit « engagée » dans les discussions et, via un porte-parole cité par ABC7, plaide pour une technologie assortie de « fortes protections de la vie privée », d’une traçabilité stricte et d’un contrôle clair. Le genre de garde-fous qu’on préfère voir gravés dans le contrat plutôt que dans un communiqué.
Une décision scrutée au-delà de Los Angeles
Le LAPD compte parmi les plus gros clients publics de Flock. Sa sortie s’ajoute à une série de bras de fer dans d’autres collectivités américaines, où la surveillance automatisée bute sur la collecte massive de données et leur circulation entre agences.
La suite dépendra de la rédaction d’un nouveau contrat. En l’état, l’accord a expiré et les caméras sont à l’arrêt. Tout se jouera sur les clauses, les audits et le partage des données.