Londres veut planter son drapeau sur la blockchain avant les autres grandes places financières. Le Royaume-Uni prévoit de lancer d’ici le premier trimestre 2027 ce qu’il présente comme le premier emprunt souverain numérique d’un pays du G7. L’opération passera par la plateforme Orion de HSBC, sous l’égide du Digital Securities Sandbox piloté par la Bank of England et la Financial Conduct Authority (FCA), avec en ligne de mire des délais de règlement plus courts et des coûts réduits.
Baptisé Digital Gilt Instrument (DIGIT), le projet est une émission pilote de dette publique sur infrastructure de registre distribué. Le Trésor britannique a fixé un objectif clair : émettre avant fin mars 2027 et devenir le premier membre du G7 à mettre de la dette souveraine sur une blockchain.
Points clés
- Le Royaume-Uni vise le premier trimestre 2027 pour émettre DIGIT, premier gilt souverain tokenisé d’un pays du G7
- L’émission passera par la plateforme HSBC Orion, dans le Digital Securities Sandbox de la Bank of England et de la FCA
- Un essai de repo tokenisé est aussi prévu pour le printemps 2027, avec 54 entreprises et institutions mobilisées
- La Bank of England veut rendre le gilt numérique utilisable comme collatéral dans ses opérations de marché
HSBC Orion au centre du dispositif
HSBC a décroché le rôle de fournisseur technologique de l’opération. Sa plateforme Orion a déjà servi à d’autres émissions de titres numériques, ce qui en fait un candidat naturel pour un test grandeur nature de dette publique. L’idée reste la même : mesurer les gains en temps de règlement et en coûts opérationnels, deux terrains où la finance traditionnelle traîne encore ses vieilles chaînes de post-marché.
Le Digital Securities Sandbox commun à la Bank of England et à la FCA doit accueillir l’émission dans un cadre réglementaire contrôlé, mais avec de vrais instruments financiers. Passé le second niveau d’entrée, les activités basculent en production réelle. Le dispositif reste ouvert jusqu’en décembre 2028, la fenêtre de candidature se refermant autour de mars 2027.
La Bank of England prévoit par ailleurs de rendre le gilt numérique utilisable comme collatéral dans ses opérations de marché. C’est le point qui décide si le titre finit en pièce de musée ou en rouage du fonctionnement quotidien de la dette.
Un calendrier resserré pour les marchés tokenisés
Le DIGIT n’avance pas seul. Le plan britannique prévoit aussi un essai de repo tokenisé de bout en bout d’ici le printemps 2027. Le repo (repurchase agreement) est une opération de financement à court terme adossée à des titres d’État. Le Trésor entend démarrer par ce segment avant d’étendre les travaux à d’autres titres et aux dérivés.
Le tissu industriel mobilisé ne fait pas dans la demi-mesure : 54 entreprises et institutions sont associées au groupe de travail sur les marchés numériques de gros. Parmi les poids lourds cités, BlackRock, Goldman Sachs, JPMorgan et HSBC. De quoi donner du poids à un pari qui, il y a peu, aurait fait sourire les salles de marché.
Le calendrier, lui, est serré. Le gouvernement veut convertir plusieurs pilotes en cas d’usage concrets dans les prochains mois, DIGIT en tête de liste. Si l’émission tient les délais, Londres coiffera au poteau ses rivaux du G7 sur la dette souveraine numérique. Un an et demi pour transformer l’essai : le compte à rebours est lancé.