Les États-Unis viennent de rappeler que sur la blockchain, l’anonymat s’arrête souvent au premier stablecoin. Le secrétaire au Trésor américain Scott Bessent a annoncé que l’Office of Foreign Assets Control (OFAC, le bureau du Trésor chargé des sanctions) a visé plusieurs wallets d’actifs numériques liés à la Banque centrale d’Iran. Bilan de l’opération : plus de 130 millions de dollars bloqués.
L’annonce prolonge une série d’actions américaines contre l’écosystème crypto iranien. En juin, le Trésor avait sanctionné Nobitex, la plus grande plateforme d’échange d’actifs numériques du pays, plus trois autres exchanges locaux, en pointant des usages destinés à contourner les sanctions. Fin avril, des wallets déjà rattachés à la Banque centrale d’Iran avaient été ciblés dans une opération distincte, avec environ 344 millions de dollars en USDT gelés selon les acteurs du secteur.
Points clés
- L’OFAC a bloqué plus de 130 millions de dollars en crypto liés à la Banque centrale d’Iran.
- Les stablecoins peuvent être gelés par leur émetteur sur décision de conformité ou des autorités.
- Cette action prolonge les sanctions de juin contre Nobitex et d’autres exchanges iraniens.
- En avril, environ 344 millions de dollars en USDT avaient déjà été gelés.
Des wallets rattachés au cœur du dispositif financier iranien
Tout tient à l’attribution directe des wallets à la Banque centrale d’Iran. Dans le régime des sanctions américaines, ce rattachement produit un effet très concret. Les fonds sous juridiction américaine, ou détenus via des intermédiaires coopérants, peuvent être bloqués. Les stablecoins sont ici en première ligne : leur émetteur peut geler les soldes sur simple décision de conformité ou à la demande des autorités. Le fameux caractère « censurship-resistant » de la crypto en prend un coup dès qu’un dollar tokenisé entre dans l’équation.
Bessent répète depuis des mois que Téhéran utilise les actifs numériques pour esquiver les restrictions financières. Le dossier Nobitex publié début juin allait dans le même sens, en visant des infrastructures domestiques présentées par Washington comme des relais d’évasion aux sanctions et de financement d’activités liées au Corps des Gardiens de la révolution islamique (CGRI).
Une campagne de pression déjà rodée
Les 130 millions de dollars annoncés doivent se lire dans le contexte des mesures précédentes. Reuters rapportait le 10 juillet de nouvelles sanctions, cette fois contre un financier basé à Dubaï et plusieurs maisons de change, après une reprise des attaques iraniennes contre des navires dans le détroit d’Ormuz. Le Trésor évoquait alors des réseaux déplaçant des milliards de dollars par an pour le compte de banques iraniennes déjà sanctionnées.
Sur le volet crypto, Washington a multiplié les fronts : exchanges iraniens, intermédiaires à l’étranger, adresses blockchain identifiées comme liées à des institutions publiques et gel de stablecoins quand c’était techniquement possible. L’action de Bessent ajoute une cible de premier plan, la Banque centrale d’Iran, à une liste déjà bien remplie.
Ce que l’on sait à ce stade
- Acteur cité : Scott Bessent, secrétaire au Trésor des États-Unis.
- Autorité impliquée : l’OFAC, bureau du Trésor chargé des sanctions.
- Cible : plusieurs wallets d’actifs numériques liés à la Banque centrale d’Iran.
- Montant bloqué : plus de 130 millions de dollars.
- Contexte : sanctions antérieures contre Nobitex et d’autres plateformes crypto iraniennes, puis nouvelles sanctions le 10 juillet contre des réseaux financiers et des maisons de change.