Un feu vert réglementaire ne fait pas le printemps. Circle a bien obtenu l’aval de l’Office of the Comptroller of the Currency (OCC), le régulateur bancaire fédéral américain, pour lancer sa national trust bank. Mais selon Mizuho, l’éditeur de l’USDC n’a pas résolu pour autant ce qui l’ennuie vraiment : une croissance de son stablecoin qui s’essouffle et une concurrence qui se densifie à vue d’œil.
La banque d’investissement japonaise a maintenu sa recommandation neutre sur le titre Circle, dans une note relayée ce 13 juillet 2026. Deux jours plus tôt, le marché avait pourtant applaudi la validation finale du dossier par l’OCC pour créer First National Digital Currency Bank, N.A., qui opérera sous le nom de Circle National Trust.
Points clés
- L’OCC a validé le 10 juillet 2026 la création de la national trust bank de Circle (Circle National Trust)
- Mizuho maintient sa recommandation neutre : l’agrément ne règle ni le ralentissement de l’USDC ni la concurrence
- L’USDC circule à plus de 73 milliards de dollars mais fait face à Open USD (140+ entreprises) et à un consortium Swift de 17 banques
Un agrément fédéral réel, mais borné
Le feu vert place Circle sous supervision fédérale directe pour certaines activités de conservation d’actifs numériques. Le groupe promet d’y adosser l’infrastructure de l’USDC : conservation régulée au niveau fédéral et, à terme, gestion des réserves. L’approbation finale de l’OCC couronne un parcours administratif entamé le 30 juin 2025, avec une approbation conditionnelle décrochée en décembre 2025.
En Bourse, l’annonce a d’abord porté le titre. Mais les analystes n’en ont pas tous tiré la même conclusion. Pour Mizuho, l’agrément améliore le cadre réglementaire sans toucher aux points qui pèsent le plus sur la trajectoire à court terme.
Selon Mizuho, l’approbation de l’OCC « n’adresse pas » le ralentissement de la croissance de l’USDC ni la hausse de la concurrence.
L’USDC sous pression face aux nouveaux entrants
Tout le dossier tient à l’USDC. Deux signaux inquiètent : une offre en circulation qui progresse moins vite que prévu et une meute de rivaux qui grossit. L’USDC circulait à plus de 73 milliards de dollars début juillet, mais il n’a plus le terrain pour lui seul.
La pression s’est encore accentuée avec le lancement d’Open USD, projet soutenu par plus de 140 entreprises, dont Stripe, Coinbase, Mastercard, Visa et BlackRock. En parallèle, Swift a annoncé un consortium blockchain avec 17 banques, parmi lesquelles Citi et HSBC. L’idée commune : bâtir des services de paiement sur des dollars numériques programmables, sans dépendre d’un émetteur unique. Autrement dit, sans Circle. Mizuho garde donc un discours prudent : l’avantage réglementaire ne relancera pas le dossier tant que l’USDC ne retrouve pas un rythme de croissance solide.
Le marché salue le symbole, les analystes lisent les comptes
La séquence de ces derniers jours tient dans un écart : d’un côté l’enthousiasme pour le jalon réglementaire, de l’autre les questions de fond. Circle gagne un cadre fédéral plus lisible pour les institutions. Mais son modèle reste arrimé à la circulation de l’USDC et aux revenus de réserve qui vont avec.
Plusieurs analystes ont salué l’agrément comme une étape stratégique pour la conservation et la gouvernance. Mizuho, elle, n’a pas bougé d’un pouce : un nouveau statut bancaire ne compense ni l’essoufflement commercial ni l’intensification de la bataille des stablecoins. Le tampon fédéral est joli sur le papier, il ne remplit pas les carnets de commandes.