Circle a bâti son empire sur une idée simple : encaisser seul les intérêts des réserves qui garantissent l’USDC. Open USD, stablecoin porté par un consortium de plus de 140 entreprises, veut casser ce modèle en redistribuant ce rendement à ses partenaires. Selon CoinShares, le projet pourrait devenir la plus sérieuse menace à ce jour pour l’émetteur de l’USDC s’il voit le jour comme prévu en 2026.
Le nerf de la guerre tient en une mécanique limpide. Open USD compte reverser une grande partie du revenu généré par ses réserves aux acteurs qui apportent les flux, au lieu de laisser ce robinet à une société unique. Or Circle vit précisément de ce robinet : l’essentiel de ses recettes provient des intérêts tirés des bons du Trésor et autres actifs très liquides qui adossent l’USDC.
Points clés
- Open USD, soutenu par plus de 140 entreprises, prévoit de partager le rendement des réserves avec ses partenaires plutôt qu’avec un émetteur unique.
- CoinShares y voit la plus sérieuse menace à ce jour pour l’USDC, dont Circle tire l’essentiel de ses revenus.
- L’USDC circulait à environ 73 milliards de dollars au 13 juillet 2026 selon Circle.
- Coinbase figure à la fois parmi les partenaires de Circle et les soutiens d’Open USD.
Un stablecoin pensé pour redistribuer le rendement
Open USD a été présenté le 30 juin 2026 par Open Standard, avec un lancement annoncé pour plus tard dans l’année. D’après les éléments relayés par CoinShares, le consortium réunirait plus de 140 partenaires, parmi lesquels Stripe, Visa, Mastercard, BlackRock, BNY et Coinbase. Un carnet d’adresses qui ferait pâlir n’importe quel émetteur.
La différence avec USDC ne se résume pas au nombre de soutiens. Le projet prévoit des opérations de mint et de redeem gratuites, sans plafond de volume, et une gouvernance partagée. Surtout, le revenu des réserves serait reversé en grande partie aux acteurs qui apportent les flux, une fois les frais de gestion déduits. La valeur économique ne remonterait plus vers un émetteur unique.
« Open USD partagerait le revenu des réserves avec ses partenaires plutôt qu’avec l’émetteur », résume CoinShares dans son analyse du 3 juillet 2026.
Cette architecture vise le point le plus sensible du marché des stablecoins : qui empoche les intérêts quand les réserves dorment en actifs sûrs et rémunérateurs. C’est là que Circle fabrique sa marge. L’USDC reste majoritairement monétisé par le rendement des réserves, même si la distribution est déjà partagée avec certains partenaires, dont Coinbase.
Circle sous pression sur ses revenus de réserve
La tension n’a rien de nouveau. L’USDC circulait à environ 73 milliards de dollars au 13 juillet 2026, selon le site de Circle. Dans le même temps, plusieurs publications financières ont rappelé la dépendance massive de la société à ses revenus de réserve, ligne qui représentait l’essentiel de son chiffre d’affaires au premier trimestre 2026.
Open USD débarque donc sur un segment où l’échelle compte autant que la distribution. Si Stripe, Coinbase ou d’autres grands réseaux orientent leurs volumes vers ce nouveau stablecoin, le partage des intérêts deviendra un argument commercial redoutable face à l’USDC. CoinShares ne parle pas d’un énième concurrent, mais d’une pression directe sur les marges de Circle.
- Open USD : lancement annoncé en 2026, sans date précise de mise en circulation publique à ce stade.
- Consortium : plus de 140 entreprises, dont Stripe, Visa, Mastercard, BlackRock, BNY et Coinbase.
- USDC : environ 73 milliards de dollars en circulation au 13 juillet 2026, selon Circle.
- Modèle économique : redistribution du rendement des réserves aux partenaires d’Open USD.
Un signal pour tout le marché des stablecoins
Le dossier dépasse Circle. Il oppose deux visions : d’un côté un émetteur central qui capte tout le rendement, de l’autre un réseau de distribution qui réclame sa part. Dans le premier cas, la valeur reste concentrée. Dans le second, elle se partage entre ceux qui apportent l’usage.
Coinbase joue un rôle savoureusement ambigu dans cette partie. Le groupe reste un partenaire majeur de Circle sur l’USDC tout en figurant parmi les soutiens d’Open USD. Or le contrat économique entre les deux sociétés, renégociable en 2026, pèse lourd dans leurs recettes respectives. La montée d’Open USD ajoute une variable de plus à une relation déjà tendue comme une corde de piano.