Quand le dollar se fait rare, le stablecoin s’invite à la table. Le gouvernement bolivien étudie l’intégration de l’USDT de Tether à son système national de paiements. L’usage des cryptoactifs a explosé dans le pays depuis que la banque centrale a levé ses restrictions à la mi-2024, avec 430 millions de dollars de transactions sur l’année qui a suivi.
Points clés
- Le gouvernement bolivien envisage d’ajouter l’USDT de Tether à son système national de paiements.
- Les transactions crypto ont atteint 430 millions de dollars sur l’année suivant la levée des restrictions en 2024.
- En juin 2026, la Bolivie a abandonné l’ancrage fixe au dollar (taux officiel à 9,73 bolivianos pour 1 dollar).
- Le boliviano reste la seule monnaie légale ; les cryptos ne sont pas reconnues comme monnaie.
Un cadre réglementaire desserré depuis 2024
Le marché local a basculé vite vers les actifs numériques. En 2024, le Banco Central de Bolivia a autorisé leur usage régulé via des institutions financières agréées. Attention aux malentendus : le boliviano n’est pas devenu numérique et les cryptomonnaies n’ont pas cours légal. Le boliviano reste la seule monnaie officielle du pays.
Les stablecoins ont pris de l’ampleur, l’USDT et l’USDC en tête. Ils servent autant aux paiements qu’à contourner la pénurie de dollars. La dynamique s’est accélérée quand les banques locales ont commencé à proposer des services adossés aux actifs numériques.
L’USDT au cœur des discussions
Intégrer l’USDT au système national reviendrait à installer Tether dans l’infrastructure financière formelle du pays. Rappel utile : l’USDT est un stablecoin adossé au dollar, censé rester collé à la barre du dollar. Concrètement, son intégration faciliterait les transferts, les règlements marchands et certains paiements transfrontaliers dans un marché qui l’utilise déjà comme substitut monétaire.
Le contexte monétaire pèse lourd. En juin 2026, la Bolivie a abandonné son ancrage fixe au dollar pour un régime de change flexible, avec un taux officiel passé à 9,73 bolivianos pour 1 dollar. L’écart persistant entre taux officiel et prix de marché a longtemps grippé paiements et épargne, ce qui a alimenté l’appétit pour les solutions numériques libellées en dollar.
Des volumes en hausse, un périmètre encore flou
Les autorités n’ont détaillé ni le périmètre exact d’une éventuelle intégration, ni le calendrier. La vraie question : simple canal de paiement supplémentaire, ou brique plus large dans les rails du pays, avec des usages encadrés pour banques, commerçants et particuliers ?
Les faits solides tiennent en trois lignes. La banque centrale a desserré les règles en 2024. L’activité crypto a nettement progressé. Et la discussion porte désormais sur la place de l’USDT dans l’architecture nationale des paiements. Pour un pays privé de dollars, confier ses rails de paiement à un stablecoin privé n’est pas anodin.