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Pegasus : l’élu qui enquêtait sur les logiciels espions s’est fait espionner

Il y a une ironie qui n’échappera à personne. Un client gouvernemental de NSO Group a utilisé son logiciel espion Pegasus pour pirater le téléphone d’un politicien européen. Le hic ? À ce moment-là, l’élu siégeait dans une commission de l’Union européenne chargée d’enquêter précisément sur l’industrie du logiciel espion.

Points clés

  • Un client gouvernemental de NSO Group a piraté le téléphone d’un élu européen avec Pegasus.
  • La victime siégeait dans une commission de l’UE enquêtant sur l’industrie du logiciel espion.
  • Pegasus s’installe souvent sans aucune action de la cible et donne accès à messages, appels, micro et caméra.

Le chasseur devenu proie

Difficile de faire plus embarrassant pour Bruxelles. Un parlementaire missionné pour scruter les dérives de la surveillance numérique a vu son propre appareil transformé en mouchard, via l’outil vedette de NSO Group. Pegasus, rappelons-le, ne demande souvent aucun clic de la victime : une fois installé, il siphonne messages, appels, micro et caméra sans que le propriétaire ne s’aperçoive de rien.

Le logiciel de la société israélienne est vendu, officiellement, aux seuls États pour traquer criminels et terroristes. Dans les faits, la liste des cibles réelles ressemble davantage à un annuaire de journalistes, d’opposants et, désormais, d’élus européens en pleine investigation.

Une industrie qui se surveille elle-même

L’épisode confirme ce que les défenseurs de la vie privée répètent depuis des années : les garde-fous censés encadrer ces outils tiennent surtout du décor. Quand la personne chargée de tenir la lampe torche se retrouve elle-même dans le viseur, la question n’est plus de savoir si le système déraille, mais à quel point.

Reste un constat brut. Tant que ces logiciels circulent avec l’aval d’États clients peu regardants, personne n’est vraiment hors de portée. Pas même celles et ceux dont le métier est de leur mettre des limites.

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