Boeing rêvait d’un taxi spatial, il en est encore à faire tourner le compteur des retards. Dans un rapport publié le 30 juin, l’Office of Inspector General de la NASA (l’audit interne de l’agence) estime que la certification humaine du Starliner pourrait glisser jusqu’en 2027. Si l’échéance se confirme, la capsule aurait accumulé une dizaine d’années de retard sur le calendrier que Boeing s’était fixé.
Le document place la CST-100 Starliner au cœur d’un trio de difficultés techniques persistantes, avec des vols d’essai toujours incomplets et une fenêtre d’exploitation qui se referme à mesure que la Station spatiale internationale (ISS) approche de sa fin de vie, prévue en 2030.
Points clés
- L’audit interne de la NASA repousse la certification humaine du Starliner potentiellement jusqu’en 2027
- Fuites d’hélium, défaillances de propulsion et anomalies de parachute restaient non résolues en mars 2026
- SpaceX reste le seul fournisseur américain opérationnel pour les vols habités vers l’ISS depuis 2020
- Le rapport recommande de suspendre certains paiements à Boeing tant que la certification n’est pas obtenue
Trois problèmes techniques toujours ouverts
L’audit cite trois verrous : les fuites d’hélium, les défaillances du système de propulsion et les anomalies de parachute. En mars 2026, ni les fuites ni les soucis de propulsion n’étaient réglés, et la NASA n’avait aucun calendrier clair pour dire quand les essais s’achèveraient ni quand la certification tomberait.
Rien de neuf sous le vernis : le Crew Flight Test de juin 2024, premier vol habité du Starliner, avait tourné court. L’agence avait dû rapatrier ses deux astronautes à bord d’une capsule Dragon de SpaceX, humiliation cosmique pour Boeing. En février 2026, la NASA a même requalifié cette mission en Type A mishap, la catégorie la plus grave pour un incident en vol habité.
L’inspecteur général juge aussi peu crédible l’hypothèse d’une certification à l’automne 2026, avancée par certains responsables de la NASA. Un vol sans équipage Starliner-1, indispensable avant toute certification, reste bien trop incertain pour tenir ce calendrier.
Une marge qui fond avant 2030
La conséquence est mathématique. Si la certification n’arrive qu’en 2027, il ne resterait qu’environ trois ans avant la fin programmée de l’ISS. De quoi assurer un nombre ridiculement limité de rotations habitées avant de débrancher la station.
Pendant ce temps, SpaceX, certifié depuis 2020, demeure le seul fournisseur américain opérationnel pour les vols habités vers l’ISS. La NASA et Boeing planchent encore sur le prochain vol du Starliner, désormais non habité et sans date de lancement.
Le rapport formule six recommandations, dont le report des paiements liés à certains jalons de Starliner-3 tant que la certification n’est pas bouclée, et un meilleur suivi des données d’essais et des anomalies. Pour Boeing, l’enjeu n’est plus seulement de revoler : c’est de savoir si son vaisseau servira encore à quelque chose avant que l’ISS ne tire sa révérence.