Quand un régulateur agite un chiffre à onze zéros, l’industrie crypto se met au garde-à-vous. Ripple applaudit la nouvelle stratégie de tokenisation du Royaume-Uni, dont les autorités viennent de dévoiler la feuille de route pour les marchés financiers de gros. L’argument massue avancé par Londres : des marchés wholesale tokenisés pourraient ajouter jusqu’à 33 milliards de livres par an à la production économique d’ici 2035.
L’annonce tombe alors que Londres tente de bâtir un cadre lisible pour les titres numériques, les paiements et le règlement sur blockchain. Ripple, qui a décroché en janvier 2026 une autorisation d’Electronic Money Institution et une inscription crypto auprès de la Financial Conduct Authority (FCA), continue de caler son discours sur les usages institutionnels et la tokenisation d’actifs réels.
Points clés
- La FCA et la Banque d’Angleterre ont publié en mai 2026 une feuille de route sur la tokenisation des marchés de gros.
- Londres avance un gain potentiel de 33 milliards de livres par an d’ici 2035.
- Ripple, agréé EMI et crypto par la FCA depuis janvier 2026, veut se positionner sur l’infrastructure réglementée.
- Le pilote DIGIT vise à émettre de la dette souveraine britannique directement sur blockchain.
Une stratégie taillée pour les marchés de gros
Le document publié par la FCA et la Banque d’Angleterre en mai 2026 dessine une vision commune de la tokenisation pour les marchés financiers de gros. Il s’insère dans la stratégie numérique des marchés financiers du gouvernement britannique et vise à clarifier l’émission, la négociation, le règlement et la conservation de titres tokenisés : obligations, gilts et produits dérivés.
L’idée : faire circuler plus efficacement titres, cash et collatéral sur tout le cycle de négociation, avec un règlement ancré dans la monnaie de banque centrale. Le texte promet des règlements plus rapides, un marché ouvert en continu, des contrats intelligents et la fin de certaines doubles écritures et réconciliations. La bureaucratie du back-office a du souci à se faire.
Le cadrage mentionne aussi le pilote DIGIT (Digital Gilt Instrument), porté par le Trésor britannique pour émettre de la dette souveraine directement sur chaîne. Le programme passe par le Digital Securities Sandbox, déjà rodé pour des activités réglementées autour de titres tokenisés.
Ripple vise l’infrastructure réglementée
La prise de position de Ripple ne doit rien au hasard. Le groupe répète que le Royaume-Uni occupe une place centrale dans sa stratégie, avec Londres comme plus grand bureau hors des États-Unis. En janvier 2026, l’agrément FCA lui a ouvert la porte pour étendre Ripple Payments au Royaume-Uni.
L’entreprise présente la tokenisation comme le prolongement naturel de son infrastructure pour entreprises et institutions financières : émission, règlement et conservation d’actifs numériques. Le tout en insistant sur les usages de marché plutôt que sur la spéculation, façon de rappeler qu’on parle ici de plomberie financière, pas de casino.
Ripple : « Le Royaume-Uni est au cœur de la stratégie mondiale de Ripple. »
Les 33 milliards de livres annuels brandis par Londres donnent au dossier un poids politique évident. Entre la promesse chiffrée et les premiers cas d’usage réellement réglementés, il y a toutefois la distance habituelle qui sépare une feuille de route d’une infrastructure qui tourne.