Le mastodonte qui refusait d’héberger le moindre ETF Bitcoin sur sa plateforme part en chasse d’un responsable des actifs numériques. Vanguard, gestionnaire d’actifs connu pour son mépris affiché envers la crypto, ouvre un poste chargé de piloter tokenisation, stablecoins et projets blockchain. Le genre de virage qu’on n’attendait pas de la maison la plus prudente de Wall Street.
Points clés
- Vanguard ouvre un poste de responsable des actifs numériques couvrant tokenisation, stablecoins et blockchain
- Le gestionnaire refusait jusqu’ici d’héberger les ETF Bitcoin au comptant sur sa plateforme
- Le recrutement suit BlackRock et Fidelity, déjà engagés sur la tokenisation d’actifs
Un revirement pour un allergique déclaré
Vanguard n’a jamais fait mystère de son dédain pour les cryptomonnaies. La firme a longtemps refusé de proposer les ETF Bitcoin au comptant sur sa plateforme, quand ses concurrents se ruaient dessus. Ses dirigeants qualifiaient volontiers ces actifs de spéculatifs et sans valeur intrinsèque. Difficile de faire plus froid comme accueil.
D’où l’intérêt de cette annonce. Le poste recherché superviserait les initiatives de tokenisation, les stablecoins et la blockchain, autrement dit les trois piliers sur lesquels la finance traditionnelle commence à investir sérieusement. Recruter un cadre dédié, ce n’est plus regarder de loin : c’est ouvrir la porte du bureau.
Le signe d’une stratégie qui bouge
La tokenisation d’actifs (transformer obligations, fonds ou titres en jetons sur blockchain) attire désormais les plus gros noms de la gestion d’actifs. BlackRock et Fidelity ont déjà pris position. Voir Vanguard, avec ses milliers de milliards de dollars sous gestion, chercher un responsable dédié indique que le sujet n’est plus tabou dans les couloirs de la firme.
Reste que Vanguard reste Vanguard : un recrutement n’est pas un lancement de produit, et le groupe pourrait très bien se contenter d’explorer le terrain sans jamais proposer de crypto à ses clients. Après des années à jouer les rabat-joie, la maison veut au moins savoir de quoi tout le monde parle.