Un seul taxi spatial américain certifié pour l’orbite basse, et une échéance qui approche à grands pas. La question soulevée par Ars Technica est brutale de simplicité : que se passe-t-il si Crew Dragon cesse de voler dans les années 2030 ? Loin d’être un exercice de science-fiction, elle pointe un problème déjà bien réel. Les États-Unis ne disposent aujourd’hui que d’un seul vaisseau habité certifié pour rejoindre la Station spatiale internationale, et il porte le nom de Crew Dragon, signé SpaceX.
Pendant ce temps, le second pilier promis du programme Commercial Crew, le Boeing Starliner, patauge toujours loin du statut opérationnel. Un audit de l’inspection générale de la NASA publié fin juin 2026 estime que sa certification pourrait glisser jusqu’en 2027. Petit détail qui a son importance : l’ISS, elle, doit être mise à la retraite en 2030.
Points clés
- Crew Dragon de SpaceX est le seul vaisseau habité américain certifié depuis 2020
- Un audit de la NASA repousse la certification de Boeing Starliner à 2027
- L’ISS doit être désorbitée en 2030, réduisant la fenêtre pour deux véhicules
- Les contrats actuels ne couvrent pas tous les besoins en équipage jusqu’en 2030
Starliner à la traîne, Crew Dragon seul aux commandes
Le rapport rappelle que SpaceX a décroché la certification habitée de Crew Dragon dès 2020 et enchaîne depuis les rotations vers l’ISS. Boeing, engagé précisément pour assurer une redondance, n’a toujours pas livré de véhicule bon pour les vols de routine avec équipage. La redondance sur le papier a du mal à décoller dans la réalité.
Ce retard réduit la marge de manœuvre à peau de chagrin. Si Starliner n’entre en service qu’en 2027, il resterait à peine trois ans avant la fin programmée de l’ISS. La NASA devrait alors caser les missions restantes entre deux vaisseaux sur une fenêtre minuscule, tout en conservant une capacité de secours pour ses vols habités.
L’inspection générale note aussi que les contrats actuels ne couvrent pas l’ensemble des besoins en équipage jusqu’en 2030. Traduction : l’agence devra probablement commander des vols supplémentaires pour maintenir une présence américaine continue à bord de la station jusqu’à sa désorbitation.
Après l’ISS, une dépendance qui risque de s’installer
L’affaire ne s’arrête pas à l’ISS. La NASA compte toujours désorbiter la station au début des années 2030 à l’aide d’un véhicule fourni, là encore, par SpaceX. Mais ranger la station ne règle en rien la question du transport habité. L’agence entend acheter des services vers de futures stations commerciales, sur un modèle proche de celui pratiqué aujourd’hui.
Dans son article, Ars Technica cite une formule de la NASA selon laquelle il existe « un grand besoin d’un véhicule habité supplémentaire » aux États-Unis. Les faits derrière la phrase sont limpides : un seul vaisseau en service, un second toujours en certification, et une transition vers l’après-ISS suspendue à la disponibilité de stations commerciales qui, pour l’heure, n’existent que sur les rendus 3D.
Si Crew Dragon venait à cesser ses vols dans les années 2030, le problème ne serait donc pas seulement technique. Il toucherait à la capacité des États-Unis à conserver plusieurs fournisseurs de transport habité, une fois la station de référence disparue et alors que les alternatives privées tardent à ouvrir boutique. Mettre tous ses astronautes dans le même vaisseau reste une stratégie audacieuse.