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CLARITY Act : pour TRM Labs, la loi crypto américaine peut freiner l’évasion des sanctions

Une loi taillée pour l’industrie crypto qui deviendrait un outil contre les États voyous ? C’est le pari argumentaire de TRM Labs. Dans une tribune publiée par CoinDesk le 14 juillet 2026, Ari Redbord, global head of policy chez TRM Labs, défend une idée à contre-courant des critiques : le CLARITY Act, dans sa rédaction actuelle, aiderait à freiner l’évasion de sanctions à grande échelle plutôt qu’à l’encourager.

Le texte fait débat à Washington entre élus méfiants et groupes de pression réclamant un encadrement plus strict des plateformes d’actifs numériques. En toile de fond, la surveillance des flux crypto liés à des acteurs sanctionnés, l’Iran en tête.

Points clés

  • Ari Redbord (TRM Labs) défend le CLARITY Act comme un outil contre l’évasion de sanctions plutôt qu’une brèche réglementaire
  • TRM Labs a identifié plus de 3,84 milliards de dollars de flux iraniens sanctionnés transitant par CoinEx depuis 2019
  • La stratégie prônée vise les infrastructures crypto plutôt que les adresses ou acteurs isolés

Un texte que ses défenseurs présentent comme un filet réglementaire

Le CLARITY Act ambitionne de clarifier la frontière entre les différents régulateurs américains et d’imposer davantage de règles aux intermédiaires crypto. Pour Ari Redbord, le projet ne se contente pas d’organiser le marché : sa version actuelle contient des leviers capables de compliquer l’usage des rails crypto pour contourner des sanctions.

Sa lecture est très opérationnelle. Frapper les infrastructures compte davantage que sanctionner des adresses isolées, une adresse bloquée perdant vite son utilité tant que les acteurs gardent des canaux de rechange. TRM Labs met en avant les dispositions du texte sur les brokers, les exchanges et le partage d’informations avec les autorités.

« Le texte, tel qu’il est actuellement rédigé, a le pouvoir de stopper l’évasion de sanctions à grande échelle. »

Ari Redbord, global head of policy, TRM Labs

Les flux crypto iraniens au cœur du dossier

Le 25 juin, TRM Labs affirmait avoir identifié plus de 3,84 milliards de dollars de flux liés à des entités iraniennes sanctionnées transitant par la plateforme CoinEx depuis 2019, reliés à plus de 60 entités iraniennes. L’entreprise présente CoinEx comme un point de passage majeur entre l’écosystème crypto iranien et les marchés internationaux.

Ce type de cas nourrit désormais le débat législatif. Le 5 juillet, Reuters rapportait que des pays sanctionnés, dont l’Iran et la Russie, recourent de plus en plus aux cryptoactifs pour contourner les restrictions financières. Redbord y défend la même ligne : viser les infrastructures qui permettent ces transferts plutôt que de courir après des acteurs finaux déjà identifiés.

Les partisans du CLARITY Act y voient la justification d’ajouter des garde-fous sur les plateformes et les mécanismes de conformité. Les critiques, eux, redoutent qu’un texte trop complaisant envers l’industrie crée des angles morts.

À Washington, la conformité devient un argument politique

Le débat dépasse la seule classification des actifs numériques. Les soutiens du texte citent des mesures anti-blanchiment, des obligations renforcées pour certaines plateformes et des pouvoirs supplémentaires pour les autorités. Le message de TRM Labs tient en une formule : un marché plus lisible n’est pas forcément un marché plus poreux.

Le sujet reste sensible car il croise les intérêts de l’industrie crypto, la politique de sanctions américaine et les capacités d’enquête. Redbord parie qu’au lieu d’ouvrir une brèche, le CLARITY Act armerait mieux Washington pour détecter et bloquer l’évasion. Un beau plaidoyer, qu’il faudra confronter au texte définitif.

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