Quand le calendrier législatif traîne, il reste toujours la carte Pékin. Donald Trump remet la pression sur le Sénat américain pour qu’il adopte le CLARITY Act, ce texte censé poser enfin un cadre fédéral aux actifs numériques. Son argument massue : sans ce vote, la Chine raflerait l’avantage sur la finance numérique et l’IA.
L’avertissement, relayé par la presse spécialisée, tombe alors que le projet de loi patiente déjà dans le calendrier du Sénat sans date de vote final. Officiellement baptisé Digital Asset Market Clarity Act, il reste coincé dans un bras de fer politique sur la régulation des cryptoactifs.
Points clés
- Le CLARITY Act répartirait les compétences entre SEC et CFTC pour classer les cryptoactifs.
- La commission bancaire du Sénat a validé le texte par 15 voix contre 9 en mai 2026.
- Le vote final exige 60 voix, hors de portée des seuls 53 sièges républicains.
- Trump lie l’adoption du texte à la course technologique face à la Chine sur la finance numérique et l’IA.
Ce que vise le CLARITY Act
Le texte s’attaque à la structure du marché des actifs numériques. Son but : trancher la éternelle querelle de compétences entre la SEC (Securities and Exchange Commission) et la CFTC (Commodity Futures Trading Commission). En clair, décider quels jetons relèvent du droit des valeurs mobilières et lesquels seront traités comme des commodities numériques.
Les versions déjà examinées prévoient aussi des obligations de transparence pour certains émetteurs, un régime d’enregistrement pour les intermédiaires et des protections pour les développeurs. La commission bancaire du Sénat a fait avancer le projet en mai 2026 par 15 voix contre 9, avant son inscription au calendrier législatif le 1er juin 2026. De quoi le rendre éligible à un vote en séance.
Reste l’obstacle de taille : le vote final exige une majorité qualifiée de 60 voix pour briser un éventuel filibuster. Avec leurs quelque 53 sièges, les républicains ne peuvent pas y arriver seuls. Il leur faudra convaincre une partie de l’opposition.
La menace chinoise en argument de vente
Le discours de Trump ne date pas d’hier : présenter la régulation crypto comme une affaire de compétitivité face à Pékin. Selon cette lecture, tout retard reviendrait à offrir à la Chine une longueur d’avance sur la finance numérique et l’IA.
La sortie coïncide avec la pression de plusieurs poids lourds républicains du Sénat, dont Tim Scott et John Thune, favorables à un examen rapide en juillet. Le créneau est étroit : les sénateurs sont rentrés de leur période de travail local le 13 juillet 2026, et la chambre doit encore dégager du temps de séance avant la pause d’août.
« Le président Trump exhorte le Sénat américain à adopter le CLARITY Act, avertissant que la Chine pourrait sinon prendre la tête dans la finance numérique et l’IA. » (déclaration attribuée à Donald Trump, président des États-Unis)
Un calendrier toujours sous tension
Le dossier reste engoncé dans une séquence législative serrée. Le CLARITY Act a franchi l’étape de la commission, mais il lui faut encore un vote de procédure, un vote final au Sénat, puis une éventuelle harmonisation avec la version de la Chambre en cas d’amendement.
Plusieurs analystes estiment que la fenêtre de passage se rétrécit à l’été 2026, avant que l’approche des échéances électorales ne complique les compromis. L’objectif initial d’une adoption avant le 4 juillet est déjà passé à la trappe, et aucune date de débat en séance n’est fixée. La Maison Blanche, elle, a trouvé son refrain : la crypto se joue désormais sur le même terrain que la course à l’IA entre Washington et Pékin.