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La Bolivie envisage d’intégrer l’USDT de Tether dans son système de paiement national

Quand le dollar se fait rare, le stablecoin s’invite à la table. La Bolivie étudie l’intégration de l’USDT, le stablecoin de Tether, dans son système national de paiement. Le pays compose avec une pénurie chronique de billets verts et une monnaie locale désormais lâchée sur les marchés.

Rien n’est signé. Le dossier reste une réflexion de politique publique, pas une adoption formelle, et aucun calendrier officiel n’a filtré. Mais il s’inscrit dans une trajectoire entamée dès 2024, quand La Paz a desserré l’étau réglementaire sur les actifs numériques. Depuis, l’USDT s’est glissé dans une bonne partie du commerce et de la finance du pays.

Points clés

  • La Bolivie envisage d’intégrer l’USDT de Tether dans son système national de paiement, sans calendrier officiel
  • Le FMI note que le cours USDT/boliviano sert de référence au taux de change parallèle depuis l’assouplissement de juin 2024
  • Le pays a abandonné fin juin 2026 son ancrage de change vieux de quinze ans (taux officiel à 10,40 bolivianos pour 1 dollar)
  • Les autorités promettent de restituer environ 933 millions de dollars de dépôts en devises gelés

De la combine informelle au rail de paiement officiel

L’idée examinée à La Paz consiste à faire entrer l’USDT dans les tuyaux de paiement nationaux, dans un pays où mettre la main sur des dollars relève du parcours du combattant. Dans les faits, le stablecoin y sert déjà de référence de prix, de moyen de règlement et de substitut partiel au billet vert pour certains échanges commerciaux.

Le Fonds monétaire international a noté, dans une étude de 2026, que l’activité sur actifs virtuels avait explosé après l’assouplissement de juin 2024, et que le cours USDT/boliviano servait de repère pour le taux de change parallèle.

« À mesure que le trading d’USDT s’est développé, le cours USDT/BOB est devenu la référence commune du taux de change parallèle dans toute l’économie », indique le document de travail du FMI.

Ce basculement a entraîné les banques dans son sillage. Des acteurs financiers locaux se sont mis à proposer des services adossés à l’USDT, pendant que la banque centrale et le régulateur encadraient les opérations. Résultat : le stablecoin ne se cantonne plus aux plateformes d’échange. Il circule dans les paiements et la trésorerie, notamment pour accéder à de la liquidité en dollars sans passer par le marché parallèle.

Une politique monétaire déjà cabossée

Le débat arrive en pleine tempête monétaire. Le 13 juillet 2026, le Banco Central de Bolivia affiche un taux officiel de 10,40 bolivianos pour 1 dollar, à des années-lumière du régime fixe qui a longtemps tenu le pays. Fin juin 2026, la Bolivie a d’ailleurs enterré son ancrage de change vieux de quinze ans au profit d’un régime plus flexible.

Dans ce paysage, les stablecoins font office de roue de secours face à la disette de dollars physiques. Autre signe des temps : début juillet 2026, les autorités ont promis de restituer progressivement quelque 933 millions de dollars de dépôts en devises jusque-là gelés. Le sujet n’est pas qu’une affaire de technologie : il touche l’accès aux paiements, aux comptes en dollars et aux règlements internationaux.

Ce qu’une intégration officielle changerait

Si l’USDT rejoignait bel et bien le système national de paiement, il passerait d’un usage débrouillard, souvent informel, à une place reconnue dans l’infrastructure financière. De quoi fluidifier certains paiements domestiques, les transactions transfrontalières et la trésorerie des entreprises étranglées par le manque de devises.

Reste que rien n’indique une décision arrêtée. Les autorités ne font que courir derrière une réalité déjà installée. En Bolivie, le stablecoin de Tether n’est plus une curiosité de marché : c’est un candidat sérieux au statut d’infrastructure de paiement.

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