Le financement du terrorisme passe désormais aussi par des wallets. Le Trésor américain a placé sous sanctions plus de 100 adresses de cryptomonnaies attribuées à l’État islamique au Khorasan (ISIS-K), la branche afghane du groupe djihadiste. Selon l’administration, ces adresses servaient à collecter des fonds destinés à financer les opérations du mouvement.
Points clés
- Le Trésor américain place sous sanctions plus de 100 adresses crypto attribuées à ISIS-K.
- Le groupe sollicitait des dons via Tron, Monero et Bitcoin par le biais de son aile médiatique.
- Les émetteurs de stablecoins, capables de geler des fonds, jouent un rôle croissant dans l’application des sanctions.
Un appel aux dons via Tron, Monero et Bitcoin
D’après le Trésor, ISIS-K se serait appuyé sur son aile médiatique pour solliciter des donations en cryptomonnaies. Trois réseaux sont cités : Tron, souvent privilégié pour ses frais réduits et ses transferts de stablecoins, Monero, réputé pour son anonymat renforcé, et Bitcoin, l’incontournable dont la traçabilité reste pourtant relative.
Le recours à Monero complique particulièrement le travail des enquêteurs. Là où Bitcoin et Tron laissent une trace publique exploitable sur la blockchain, la cryptomonnaie de confidentialité masque montants, expéditeurs et destinataires. De quoi rappeler que l’anonymat vanté par certains réseaux profite aussi à des acteurs bien peu recommandables.
Les émetteurs de stablecoins en première ligne
Cette action met en avant un rôle grandissant : celui des émetteurs de stablecoins dans l’application des sanctions. Contrairement à Bitcoin ou Monero, un stablecoin adossé au dollar peut être gelé à la source par son émetteur, qui garde la capacité de bloquer les fonds contenus dans une adresse ciblée. Cette centralisation, souvent critiquée par les puristes de la décentralisation, se transforme ici en levier d’exécution pour les autorités.
En inscrivant ces adresses sur sa liste, le Trésor interdit à toute entité relevant de sa juridiction d’effectuer des transactions avec elles et invite de facto les acteurs du secteur à couper les flux associés. Le message adressé à l’industrie crypto est sans ambiguïté : la conformité n’est plus une option, et les registres publics restent scrutés de près.