Garder les clés des autres, ça se mérite. Le gendarme financier européen, l’ESMA (Autorité européenne des marchés financiers), ouvre un processus d’examen dédié aux prestataires de conservation de crypto-actifs. Traduction : les entreprises qui stockent les wallets et les clés privées de leurs clients vont devoir prouver qu’elles savent tenir un coffre-fort avant qu’on leur en confie les portes.
Points clés
- L’ESMA ouvre un processus d’examen dédié aux prestataires de conservation (custody) de crypto-actifs
- La conservation des clés privées et des wallets est le maillon le plus sensible de la chaîne
- Ce contrôle accompagne la transition vers le règlement européen MiCA
La conservation dans le viseur du régulateur
La conservation d’actifs (le fameux custody) est le maillon le plus sensible de la chaîne : celui qui détient les clés détient les fonds. C’est précisément ce point que l’ESMA veut passer au crible, en lançant un examen ciblé des prestataires de custody. Après une décennie de plateformes qui ont perdu, gelé ou évaporé les avoirs de leurs utilisateurs, l’idée d’un contrôle sérieux n’a rien d’aberrant.
Sur fond de transition MiCA
Ce durcissement s’inscrit dans la mise en place de MiCA (Markets in Crypto-Assets), le règlement européen qui encadre désormais l’industrie des crypto-actifs. Les prestataires bénéficient d’une période de transition pour se mettre en conformité, et l’ESMA entend visiblement s’assurer que personne ne profite de ce délai pour bâcler ses obligations en matière de garde des fonds.
Pour les acteurs sérieux, disposer de procédures de conservation carrées, c’est déjà le b.a.-ba. Pour les autres, l’examen européen risque de faire office de révélateur. On saura vite qui range vraiment les clés dans un coffre et qui les laisse sous le paillasson.