Un consortium prestigieux ne fait pas un réseau de paiement. Circle a violemment décroché en Bourse à l’ouverture de la séance du mardi 30 juin 2026, après les révélations sur Open USD, un stablecoin porté par un consortium qui réunit Stripe et Coinbase. Le titre CRCL a cédé jusqu’à plus de 16 % dans certaines cotations, les investisseurs ayant lu ce lancement comme une menace frontale pour le modèle économique de Circle.
Le dossier mérite pourtant qu’on respire. Open USD doit encore prouver qu’au-delà des logos alignés sur un communiqué, des entreprises passeront vraiment de l’annonce à l’usage quotidien. Dans les paiements, réunir de grands noms est facile. Bâtir un réseau de distribution, d’acceptation et de liquidité qui tient dans la durée, beaucoup moins.
Points clés
- L’action Circle (CRCL) a cédé jusqu’à plus de 16 % après les révélations sur Open USD
- Open USD est porté par un consortium incluant Stripe, Coinbase, Visa et BlackRock, avec un support natif de Solana
- Les analystes jugent la réaction excessive : un consortium n’est pas encore un réseau d’usage
- L’USDC de Circle conserve l’avantage d’une distribution et d’une intégration déjà larges
Circle sous pression après la montée en puissance d’Open USD
Circle tire l’essentiel de ses revenus des réserves qui adossent l’USDC, son stablecoin phare. Toute concurrence qui détourne une partie des flux de paiement, de règlement ou de trésorerie réduit mécaniquement le volume qui alimente ce modèle. D’où la réaction épidermique du marché.
Les premiers éléments décrivent un stablecoin en dollars pensé pour les paiements et les transferts entre entreprises, avec un support natif de Solana dès le départ et un lancement attendu plus tard cette année. La stratégie tient en une phrase, mais son exécution en demande beaucoup plus : offrir une alternative crédible à l’USDC sur les usages de trésorerie et de règlement.
La concurrence ne se limite plus aux acteurs crypto natifs. Selon Coinbase, BlackRock, Visa et Stripe, le projet rassemble des poids lourds de la finance et de la tech autour d’un standard ouvert. Le message pour Circle est limpide : les paiements en stablecoins ont quitté le bac à sable crypto pour entrer dans la cour des géants.
Le vrai défi d’Open USD : transformer un consortium en réseau
Les analystes cités par CoinDesk jugent la dégringolade de Circle excessive à court terme. Leur raisonnement tient en un point : un consortium peut aligner des marques influentes, mais un réseau d’usage exige du temps, des intégrations techniques, des accords commerciaux et des habitudes de paiement. Un stablecoin ne circule pas parce qu’une brochure cite de beaux noms.
Le précédent des projets de paiement lancés par de grands acteurs reste éclairant. L’annonce capte l’attention, l’adoption dépend ensuite de l’accès aux marchands, aux applications, aux trésoreries d’entreprise et aux rails déjà en place. C’est là que Circle garde un avantage concret : l’USDC est déjà largement distribué et intégré dans une foule de services financiers et crypto.
Le marché a donc réagi à une hypothèse, celle d’un choc sur les marges et les volumes, plutôt qu’à un fait établi. La séance a ajouté une couche de volatilité à un titre déjà scruté depuis son entrée en Bourse. À court terme, Open USD teste moins la solidité technique de Circle que la capacité d’un nouveau consortium à convertir des alliances prestigieuses en transactions réelles.