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Open USD : le consortium à 140 membres qui fait trembler Circle et son USDC

Rien de tel qu’un stablecoin concurrent porté par Visa, Mastercard et Google pour gâcher la matinée d’un émetteur. Le titre de Circle Internet Group a plongé à l’ouverture mardi après l’annonce d’Open USD, un stablecoin adossé au dollar porté par un consortium réunissant notamment Stripe et Coinbase. Dans une note relayée par Reuters, Jefferies a prévenu qu’il ne fallait surtout pas « acheter le creux », jugeant cette nouvelle concurrence capable de rogner la croissance de l’USDC.

Circle émet l’USDC, deuxième stablecoin mondial derrière Tether en capitalisation. Le groupe avait déjà dévissé lundi après la révélation du projet, avant un timide rebond en préouverture mercredi sur certains marchés. Chez Jefferies, on redoute une pression accrue sur les volumes et la part de marché si Open USD tient ses promesses de frais réduits et d’intégration large.

Points clés

  • Le titre Circle a chuté de 17 % après l’annonce d’Open USD, stablecoin concurrent de l’USDC
  • Open USD réunit plus de 140 entreprises, dont Visa, Mastercard, BlackRock, Google, Stripe et Coinbase
  • Le consortium promet des émissions sans frais et une redistribution des revenus des réserves aux partenaires
  • Jefferies déconseille d’acheter le creux et redoute une pression sur la part de marché de l’USDC

Jefferies prend la menace au sérieux

Selon la note, les volumes de transactions en berne freinent déjà la croissance de l’offre d’USDC depuis le début de l’année. Le cabinet voit dans Open USD un facteur de pression supplémentaire, alors que le projet doit voir le jour plus tard cette année et que ses promoteurs comptent l’intégrer à leurs propres services de paiement et de crypto-finance.

Le modèle diffère nettement de celui de Circle. Le consortium promet des émissions et des rachats sans frais, sans plafond de volume, et une redistribution d’une partie des revenus des réserves aux entreprises participantes. Or c’est précisément là que Circle empoche l’essentiel de ses gains, via les intérêts générés par les actifs qui adossent l’USDC. En clair : Open USD propose de partager le gâteau que Circle gardait pour lui.

« La baisse des volumes de transactions a pesé sur la croissance de l’offre d’USDC depuis le début de l’année, mais l’intensification de la concurrence pourrait de plus en plus remettre en cause la croissance de l’offre et la part de marché à l’avenir », écrivent les analystes de Jefferies dans une note citée par Reuters.

Open USD, un consortium de plus de 140 entreprises

Le projet a été présenté par Open Standard, avec plus de 140 entreprises annoncées comme partenaires. Parmi elles, Visa, Mastercard, BlackRock, Shopify et Google, en plus de Stripe et Coinbase. Le stablecoin, baptisé Open USD (ou OUSD), doit être lancé dans le courant de l’année sur plusieurs réseaux.

Pour Circle, l’enjeu est immédiat. L’USDC reste l’un des poids lourds du marché, avec une capitalisation d’environ 73 milliards de dollars selon la presse financière. La société avait séduit les investisseurs lors de son introduction en Bourse en 2025, mais l’arrivée d’un rival branché sur un réseau de distribution aussi tentaculaire rebat les cartes à court terme.

Un signal sur le modèle économique des stablecoins

La secousse ne concerne pas que Circle. Elle touche la façon dont les stablecoins captent la valeur créée par leurs réserves. Dans le modèle dominant, l’émetteur garde le gros des intérêts. Open USD veut reverser ce revenu à ses partenaires, argument de poids pour rallier fintechs et acteurs de paiement déjà installés.

Pour l’heure, l’annonce a surtout fait plonger le titre CRCL de 17 %, avant qu’il ne se stabilise. Jefferies ne prédit pas l’effondrement de Circle. La banque refuse simplement de voir dans cette chute une bonne affaire à saisir.

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